La perception de notre image est-elle la bonne ?

« L’Humain cherchera toujours à se voir, et tant qu’à faire de la plus belle manière qui soit ». Si nous devions représenter l’évolution de notre rapport à notre propre image à travers l’histoire de l’être humain en 7 points cela ressemblerait à ceci :

  1. Notre image floue : Les débuts de la conscience de notre image.


Moins 300 000 ans avant JC : l’Homo sapiens peut se voir en regardant ses congénères ou bien son reflet diffus dans une eau stagnante, il cherche déjà à modifier son image et invente le maquillage. (Dame de Brassempouy)

  1. Notre image modifiable : Les débuts du portrait.


Moins 3000 ans avant JC : l’Antiquité offre à l’artiste la capacité d’interpréter le modèle qu’il peint, dessine, décrit ou sculpte. il pourra soit l’embellir soit l’enlaidir, modifiant ainsi la perception que les personnes auront du modèle.


3. Notre image fidèle : Les débuts des « vrais » miroirs.

1er siècle après JC : L’Humain à maintenant accès à une image réaliste de lui dès qu’il se trouve devant un miroir en « verre et feuille de métal ». 

4. Notre image à volonté : Les débuts de la photographie.

1839 : Il est désormais possible d’avoir avec soi une représentation fidèle d’une image choisie de nous même, faite un jour où nous sommes plus apprêté(e) qu’habituellement. Nous pouvons posséder notre image, mais aussi celle des autres, la photographie devient un souvenir consultable et partageable à volonté.

5. Notre image diffusée : Les débuts des réseaux sociaux.

2004 : Lancement de Facebook.

2006 : Twitter se fait connaître.

La fin du XXe siècle a été marquée par la mise en avant d’un corps sportif, parfait, qui a cessé d’appartenir au réel pour basculer dans le fantasme, le chimérique. Les consommatrices ont notamment subi une pression particulièrement forte entre 2000 et 2005, c’est-à-dire lorsque la pratique du logiciel Photoshop de la retouche numérique, s’est généralisée, mettant en scène des visages et des corps parfaits, inaccessibles.

Dans la construction de l’image dans la relation social, Facebook et Twitter sont parmi les premiers à fédérer les foules, le F sur fond bleu pour son côté exhibitionnisme/voyeurisme pendant que le petit oiseau se fera connaître pour le succès instantané qu’il permet d’obtenir.
Notre relation à notre image évolue, nous pouvons choisir celle que nous montrons et la faire voir à un très grand nombre de personnes. La tendance « je vous montre la personne que j’aimerai être » vient de germer.

6. Notre image maîtrisée : Les débuts des applications « photoshop lookalike »

2010 : Photoshop ajoute la fonction “Puppet warp” qui permet de déformer des éléments précis d’une photo.  

2010 : Mise sur le marché d’Instagram.

2011 : Snapchat débarque ! 

Instagram, Snapchat et Photoshop… Des applications magiques ! D’un simple geste du doigt, plus de soucis de cernes ou de teint terne, bye bye les bourrelets disgracieux, à nous la poitrine de rêves, on modifie tous : nos traits, la couleur de nos yeux, nous pouvons enfin nous rendre aussi belles et beaux que nous aimerions l’être sans dépenser 1 centime. Et encore mieux nous pouvons le montrer à tous !
Devenus des pros du photomontage tout nous est désormais possible, on ne s’invente plus une vie, on s’invente un nouveau nous. Nous sommes enfin arrivés au même niveau que les stars que nous adulions !

Conclusion : notre image reste t’ elle encore notre image ?

Le narcissisme se développera fortement tout au long de l’évolution de l’être humain, prenant parfois forme sous les muscles d’un bodybuilder devant son miroir, parfois sous les traits retouchés d’une Instagrameuse, ou par notre dernière photo partagée avec ce filtre qui fait disparaître nos cernes disgracieux. La perception de notre image est donc toujours plus sublimée que la réalité. Nous voulons ressembler à ce que la société nous montre comme étant la définition de la beauté. Un idéal que l’on retrouve dans les publicités, sur les réseaux sociaux ou encore même chez notre voisine qui est toujours sur son 31.
Les filtres Snapchat, Instagram et autres sont d’ailleurs basés sur ces standards (yeux clairs, peau de bébé, bouche repulpée, etc.).


Le problème avec ces applications c’est qu’ils nous permettent de nous rendre toutes et tous plus belles ou beaux que nous sommes. Sur le moment notre Ego est valorisé, on se sent bien, mais notre Ego n’est pas dupe et mémorise le nombre de fois où nous le trahissons. 


En 2017, une étude a été menée (RSPH) et met dramatiquement en corrélation l’augmentation des troubles de santé mentale chez les jeunes de 14 à 24 ans et leur utilisation croissante des réseaux sociaux. Une autre étude démontre que 46% des jeunes américains préféreraient se faire briser un os de la main plutôt que de voir leur smartphone cassé. De plus, le sentiment d’échec associé à un manque d’approbation sociale (pas assez de mentions j’aimes, de retweets, etc.) crée de l’anxiété et même de la dépression chez certains et surtout chez les jeunes.

Notre conseil est tout simple : protégez les plus jeunes, que vous soyez parents, frère, sœur, oncle ou amie, pensez à leur apprendre que ce qu’ils peuvent voir sur les réseaux sociaux est embelli pour être plus vendeur. Car c’est bien ce qu’ils sont : des étalages dont nous sommes les produits !

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